Technique de la lithographie

C'est par hasard, dit-on, que le Bavarois Aloÿs SENEFELDER découvrit en 1797 le procédé fondamental de la lithographie qui tire parti essentiellement de la répulsion entre l'eau et le gras. Introduite en France en 1802, elle fut vraiment répandue dans notre pays à partir de 1813 par deux imprimeurs : LASTERIE et ENGELMAN.


La pierre

La pierre lithographique est en calcaire très dense et très pur, de teinte grise. Elle est taillée à plat, d'une épaisseur suffisante (6 à 10 cm) pour résister à la pression lors des tirages. Les pierres s'usent au fil des tirages, à force d'être grainées. Il reste un certain nombre de pierres à l'atelier, disponibles à la vente. 


Grainage des pierres

Deux pierres superposées face contre face, entre lesquelles on a déposé du silex calibré et mouillé. Le grammage sera obtenu par frottement jusqu'à l'obtention d'une surface immaculée et finement grainée qui pourra recevoir à nouveau le dessin.


Dessin

Le lithographe dessine directement sur la pierre à l'aide de divers matériaux : crayons gras lithographiques, encre lithographique ; cette encre noire et grasse se dilue à l'eau, sa fluidité permet le dessin à la plume et le lavis au pinceau. Le dessin peut être corrigé avec des grattoirs, de la ponce, etc... Bien d'autres matériaux peuvent être utilisés : l'essence, la térébenthine, le savon... Le seul but étant de déposer du gras sur la pierre et de le fixer chimiquement pour en obtenir une impression par encrage.


Fixage du dessin ou "préparation" de la pierre

Sur la pierre dessinée est appliqué un mordant à base de gomme arabique et d'acide nitrique qui aura une triple action : dégraisser les surfaces qui n'ont pas reçu de dessin mais qui pourraient avoir reçu du gras par un séjour prolongé à l'air, le contact des mains, etc ; décomposer le gras du dessin en "acide gras" qui pénètre la surface de la pierre et s'y fixe et "fermer la pierre" : tout nouveau dessin fait sur une pierre préparée ne s'y fixe pas, celle-ci n'étant plus avide de gras en surface.


Tirage

La pierre est calée sur le plateau de la presse, puis lavée à l'essence pour enlever le dessin à l'encre litho (toujours en noir) et lavée à l'eau pour la débarrasser de la préparation. On procède à l'encrage à l'aide d'un rouleau chargé d'encre d'imprimerie passé sur la pierre humide. L'encre se dépose sur les parties dessinées car ces surfaces sont grasses et repoussent l'humidité, elles prennent l'encre du rouleau qui est au contraire refusée par les parties humides. La pierre encrée, on y dépose une feuille de papier sur laquelle on applique une forte pression, l'image est imprimée.

Dans le cas d'une lithographie en couleurs, il faudra un dessin, une pierre et une impression séparés par couleur. Ce procédé permet d'obtenir une grande quantité d'épreuves d'un dessin effectué une seule fois à l'envers sur la pierre.


La zincographie

Les problèmes d'approvisionnement, de manutention et de stockage des pierres lithographiques ont permis l'essor de la zincographie qui est un procédé comparable utilisant les plaques de zinc grainées.


 

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