A la fin des années quatre-vingt, alors qu'il est difficile pour les ateliers de trouver des pierres litho, un agriculteur vient à Pousse Caillou. Il est propriétaire d'un terrain, au nord de Montpellier, où se trouve une ancienne carrière qui a, au début du siècle précédent, extrait des pierres lithographiques (cf. la vidéo). Il apporte un échantillon, d'autres seront sortis puis testés. Les essais étant convaincants, des pierres de grands formats (80x120 et 120x160) seront extraites par la suite. Ce projet est entrepris par une association créée alors, le G.L.O.U.P., réunissant plusieurs lithographes. Un document est alors édité (en 1991) :


La lithographie

En 1771 naissait à Prague Aloys Senefelder ; en 1796 il inventait le procédé d'impression en lithographie ; grâce au hasard, dit-on, mais aussi grâce au support dont il disposait alors, la pierre calcaire de Bavière.

La technique, bientôt utilisée dans le domaine de la presse et des travaux de ville et commerciaux s'est affinée avec le temps, elle a donné naissance à la photo-litho puis à l'offset, qui l'ont complétée puis peu à peu supplantée.

La lithographie proprement dite est restée bien vivante dans le domaine de la création artistique, elle a séduit tous les plus grands artistes qui l'ont utilisée. Elle s'est comportée, à l'égard de sa sœur aînée, la gravure, comme une cadette fougueuse et inventive, jamais en rivale, ce qui lui vaut aujourd'hui de traiter et être traitée avec elle en égale.

Luc Valdelièvre, dans la carrière des Euzes, en train d'extraire une pierre lithographiqueLe passage de nombreux imprimeurs à l'offset a rendu aisée, jusque dans les années soixante-dix, la récupération de presses à bras, machines plates et pierres litho mais l'usure aidant, cela est devenu de plus en plus difficile. La création et le marché actuel font bon accueil aux grands formats, pour lesquels le manque de pierres est crucial. Pour y remédier, grâce aux ressources de la célèbre carrière de calcaire lithographique des Euzes, à Gorniès dans l'Hérault, s'est formé en 1987 le G.L.O.U.P. (Groupement de Lithographes Œuvrant pour l'Utilisation de la Pierre). Le but premier de l'association était de redonner vie à la carrière, fermée au début du siècle, pour assurer à nouveau la profession d'un marché suivi et de qualité. Ce projet a été lancé à l'initiative de Luc Valdelièvre, lithographe et Claude Duplan, éleveur-agriculteur habitant le hameau des Euzes, et la commune de Gorniès, propriétaire du site de la carrière, en la personne de son maire, Jean-Paul Causse.

Aucun des employés de la carrière n'étant vivant à ce jour, il a fallu procéder par déduction quant à la marche à suivre. Les premiers essais ont été effectués avec des blocs trouvés dans les ruines de l'usine des Euzes, extraits du temps de son activité, au début d'u siècle ; les résultats ne furent pas bons : à l'évidence cette pierre, gélive, se détériore même de façon invisible, par une exposition prolongée aux intempéries ; elle devient fragile à la pression. Cette constatation s'est confirmée par la qualité très moyenne des couches supérieures exploitées ensuite. Il a donc fallu, pour obtenir de bons échantillons, descendre à environ un mètre cinquante sous le niveau laissé par l'ancienne exploitation , cela a permis de procéder à la fabrication d'une vingtaine de belles pierres, allant du format jésus (60x80) au 120x160cm.

Pour mener à bien cette fabrication d'échantillons, l'association a bénéficié d'une aide financière de la commune de Gorniès, du Conseil Général de l'Hérault et de la Délégation Régionale au Commerce et l'Artisanat de la Préfecture de la région (Projet Intégré Méditerranéen).

Les pierres neuves ont été déposées à l'atelier Pousse Caillou, où elles ont reçu un premier grainage et un passage en forte pression dans une machine plate. Elles sont excellentes mais toutes ne peuvent pas être qualifiées de premier choix; elles peuvent être achetées à l'association par les ateliers qui le veulent, au prix de revient. La prochaine étape dans cette opération est de favoriser une entente entre les acteurs de cette première fabrication, la commune et un diffuseur commercial de ces pierres qui pourrait garantir des délais , une haute qualité et des prix raisonnables.

La pierre est l'outil de base du lithographe. Si un marché de la pierre s'établit à nouveau, il n'y a plus de raison pour que le nom de cet art soit détourné au profit de techniques de substitution (fort estimables par ailleurs) qui n'ont de lithographie que le nom prestigieux. Elles devraient s'intituler photo-litho, chromo-litho, contre-épreuve, offset, métallographie, etc... Le peu de scrupules de nombre d'éditeurs et de diffuseurs à assimiler ces techniques à la litho (du grec lithos : pierre) pénalise ceux qui continuent à défendre et illustrer cette merveilleuse technique et surtout trompe le public.



Pierres lithographiques disponibles

  • coquille 45x56cm : 120€ / pièce
  • raisin 50x65cm : 200€ / pièce
  • jésus 56x76cm : 350€ / pièce
  • colombier 63x90cm : 500€ / pièce
  • 80x120cm : 1800€ / pièce


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